L'obsession de l'espace
Pourquoi suis-je là, à présenter un livre, ce livre précisément, écrit en 1972 par le poète maudit Ricardo Zelarayán ? Pourquoi suis-je là si je ne suis ni poète ni critique littéraire ? Pourquoi suis-je là si je n'ai lu qu'une poignée de livres dans ma vie ? Alors, je suis là parce que j'ai eu la fortune d'inclure un de ses poèmes, La Grande Saline, dans un de mes films, Los delincuentes (faire des films est mon métier, même si j'aimerais faire des poèmes, mais comme je n'y arrive pas, ce sont des films que je fais).
L'écriture de Zelarayán, comme vous le verrez, n'a besoin d'aucune correction, ni politique ni grammaticale. C'est une écriture foudroyante, comme de frénésie poétique, écrite d'un seul trait, dans un élan où les idées sont lancées sous la forme de mots et peuvent conduire à un jardin fleuri ou à un jardin pourri, à une réponse aiguisée ou à une question infinie.
Il n'est de plus grand bonheur pour le réalisateur que je suis, d'avoir fait un film qui, tel un cargo, transporte des poèmes, des chansons, des lieux en provenance d'Argentine où je suis né, et, qu'il y ait, de l'autre côté de l'écran ou de l'océan, qu'importe, des personnes qui puissent les recevoir, comme qui envoie des colis, des paquets ou des petits cadeaux, ou même des messages dans une bouteille jetée à l'immensité. L'existence de ce livre obéit à tout ceci, c'est un petit acte de connexion humaine ou, comme dirait Stefan Zweig, un petit moment étoilé de l'humanité.
« La Grande Saline ou Saline Grande est située au nord de Córdoba, près (ou à l'intérieur même, je ne sais plus) de la frontière avec Santiago del Estero. » Je regarde la carte... mais cela n'explique rien.
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Largeur : 12.0 cm
Epaisseur : 1.3 cm