
Pour une histoire figurale de la violence : manifestations dans Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard
« Seul le montage figurai pouvait être mobilisé pour la construction d'une histoire de ceux qui n'ont pas d'histoire ainsi que pour une stratégie contre le fascisme et l'idéologie du progrès. Selon Godard, qui insiste si fortement sur une pensée avec les mains et sur la nécessité de rendre justice aux victimes de toute politique totalitaire, les forces productives et politiques, ainsi que la possibilité de la création développent un seul terrain. »
Cette étude tente à comprendre comment Godard de la période d'Histoire(s) du cinéma fabrique à travers la violence un certain paradigme pour une histoire figurale de la violence elle-même. Il s'agit d'une critique de l'image qui, au lieu de se présenter comme une réflexion et dénonciation négatives, devient une pratique affirmative, à la fois théorique et politique. La critique de l'image se révèle comme un des moments d'une pédagogie vouée à la construction de figures historiques, à la description précise d'un passé non passé. Au moyen de fragments et de citations, le cinéaste se consacre à la manifestation de la puissance du montage, c'est-à-dire à une pédagogie figurale, violente et créatrice, qui considère tant la pensée que l'histoire comme des pratiques poétiques qui se rencontrent dans un espace « entre deux », celui de l'apprentissage d'un acte de création, donc de résistance.
Largeur : 14.0 cm
Epaisseur : 2.0 cm