
Claudio Monteverdi, "Lamento della ninfa"
Dans ce passage de la polyphonie à l'art mélodique qu'incarne l'un des derniers madrigaux de Monteverdi s'opère un déplacement profond : le monde perd de sa stabilité, de son intemporalité, de sa cohésion comme éternelle, il devient mouvement, discordance, ruptures, éclat des voix singulières désormais chargées à la fois d'intelligibilité et d'émotion.
Et ce lamento, c'est aussi la finitude soudain évidente de notre condition qui prend corps.
Ce déplacement touche les arts, la littérature, les formes de la pensée, les rapports à la nature, au corps social comme au divin.
Ramón Andrés réussit le prodige de nous convier au coeur battant d'un tournant de notre histoire européenne.
Et miraculeusement, il le fait à la fois en érudit et en poète.
« Les nymphes rendent la musique possible, non seulement par leur art, mais aussi parce que leur nature est mouvement, propagation. Elles connaissent les déesses, les dieux et les mondes infinis qui existent dans la finitude. »
R.A.
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