
Lieutenant de Bigeard : Indochine 1945-1954
« Nul ne revient jamais d'Indochine. » Jacques Allaire était de ceux qui le pensaient. Rien ne le prédisposait à servir dans le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, et encore moins comme lieutenant parachutiste sous les ordres du prestigieux Marcel Bigeard, commandant le 6e bataillon de parachutistes coloniaux.
Souffrant dès son plus jeune âge d'une poliomyélite, il sera handicapé sa vie durant. Cela lui vaudra le surnom de « Jambe de laine ». Pourtant, par des truchements qu'il raconte dans ses Mémoires et une volonté hors du commun, il deviendra parachutiste.
C'est lors de son troisième séjour en Indochine qu'il rejoint - contre son gré, d'ailleurs, et contre toute attente - le célèbre « bataillon Zatopek » de Bigeard, réputé pour son niveau d'exigence physique. Comme l'a écrit Erwan Bergot, le tandem Bigeard-Allaire, porté par deux forts tempéraments et dont les lieutenants du « 6 » pensaient qu'il ne durerait pas plus d'une heure, s'est transformé en entente parfaite pendant cinq ans, à Diên Biên Phu en particulier, puis en amitié profonde à jamais.
Lire les Mémoires de Jacques Allaire, c'est découvrir la vie exceptionnelle d'un homme attiré par la carrière des armes, alors qu'il se croyait voué à une existence ordinaire.
L'ascenseur social qu'ont toujours constitué les armées, la bienveillance d'un chef illustre et la ténacité d'un homme au caractère énergique en ont décidé autrement. Sans compter la « baraka ».
Allaire est revenu d'Indochine, de Diên Biên Phu et du camp n 1, mais le « mal jaune » l'a hanté jusqu'à la fin, tout comme la souffrance d'avoir perdu au combat des hommes qu'il aimait et qu'il n'a jamais oubliés.
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