
Roman noir et luttes sociales
« Plus punk que gauchiste, plus noir que rouge, moins progressiste que nihiliste, le néo-polar a inventé de nouvelles manières d'exprimer un certain rejet de l'hédonisme consumériste des années 1980. Ainsi ses auteurs ont-ils rappelé que le roman policier peut servir à sonder les tourments et les tumultes du monde, et à les entrevoir avec plus de clarté. Dans ses pages, la littérature noire ne se réduit pas à un divertissement transgressif : elle est la souffrance d'une société qu'il aurait fallu changer. »
Derrière l'appellation de « néo-polar » se cache toute la dimension sociale de ce mouvement : rompre avec les codes du roman noir « classique » (structure d'enquête, personnage de détective, résolution finale, stéréotypes, etc.) pour porter un regard critique sur la société. Dans la lignée de Jean-Patrick Manchette et de Pierre Siniac, une poignée d'auteurs a inscrit le néo-polar dans le réalisme critique : par la fiction criminelle, il expose les parts d'ombre de la société et brouille la limite entre « populaire » et « légitime ». Sybila Gueneau parle de « politique du désespoir » car ses auteurs mettent un point d'honneur à se distancier d'une gauche qu'ils accusent d'avoir trahi ses idéaux et ses projets.
Largeur : 15.0 cm
Epaisseur : 1.3 cm