
Le cinéma de Quentin Dupieux : polyphonie du rire
Les comédies de Quentin Dupieux, habitées par les réminiscences de l'enfance, nous apparaissent comme des boutades sérieuses et ludiques. Ses films, des courts métrages à la quinzaine de longs métrages, se construisent dans la pluralité artistique et surréaliste, nourrie de musique électronique, d'art du marionnettiste, de théâtre, de photographie, de créations numériques, mais aussi de références hétéroclites (Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Luis Bunuel, David Lynch, Tobe Hooper, David Cronenberg, Bertrand Blier, Philippe de Broca...). Évoquer pareille production ne se limite pas au décodage de l'humour, du surréalisme et de la dérision. Entre impudeur et pudeur, entre autodérision et réflexivité cinématographique, ses fictions coups de poing, hilarantes et grinçantes, visent l'absurdité et le tragique de l'existence et de la condition humaine. Elles font émerger un rire polyphonique, désorienté et postmoderne qui n'a rien d'un rire de surplomb. Au contraire, il colle au plus près de l'époque et de ces manières de se raconter des histoires pour tenir debout. Ni fuite, ni cynisme, ce rire ne prend pas de distance avec le réel : il le tord de l'intérieur pour le rendre lisible autrement.
Largeur : 16.0 cm
Epaisseur : 2.0 cm